Son Histoire

Son Histoire

Daniel BLATRIX

Mémoire de son évolution, l’histoire de l’association est fondamentale pour asseoir sa légitimité, encore faut-il avoir la connaissance de celle-ci pour l’écrire. Si je me décide aujourd’hui à le faire, c’est en pensant aux personnes qui ont œuvré pour qu’elle devienne ce qu’elle est, mais aussi parce qu’il y a encore des personnes de notre association qui ont connu les débuts de l’ADAPEI.

Adhérent depuis 1986 à l’ADAPEI, je sais de cette histoire ce que Mme VERSEY ou Mr QUINTAR en ont rapporté, du moins jusqu’à cette date. Je demande l’indulgence pour les oublis ou les incertitudes et sollicite les anciens pour qu’ils apportent leurs témoignages afin que ce passé devienne l’histoire et non pas une histoire.

Un peu d’histoire

Il faut distinguer trois périodes dans l’histoire du handicap mental :

  • avant 1945,
  • de 1945 à 1975, période que l’on a appelé les trente glorieuses, en référence à des années économiquement fastes où l’on a eu une croissance constante du secteur de l’enfance inadaptée ;
  • après 1975 , la loi ouvre la porte aux réformes des institutions médico sociales et accorde des droits aux usagers.

Il faut rappeler que dès le 19ème siècle, des médecins se sont intéressés au handicap mental. Le plus connu et le plus opiniâtre d’entre eux fut sans doute Édouard SEGUIN, qui préconisait déjà une approche éducative spécialisée pour faire évoluer les arriérés mentaux comme on les appelait à l’époque. Un travail qui fut relayé par BOURNEVILLE qui fonda à VITRY le premier Institut Médico-pédagogique en 1909. Des querelles de personnes mirent un terme à ces avancées.

Un contexte favorable

Il faudra attendre 1945 et les lois sur la famille, qui grâce aux textes favorisant la prise en charge des enfants inadaptés, vont donner aux familles l’occasion de s’organiser. Elles vont être à l’origine de la majorité des institutions médico-sociales. Ces textes, c’est pour les associations, la possibilité d’assurer une mission de service public sur la base d’un prix de journée. L’UNAPEI créée en 1960 va jouer un rôle important dans le développement de cette mission.

C’est ce contexte favorable qui va être à l’origine de la naissance de nombreuses associations de parents d’enfants handicapés. Maître PERRET GAYET, face au nombre important de famille en difficultés, crée la première association en 1948. De nombreuses autres associations vont voir le jour. Une fédération nationale sera créée le 30 Avril 1960 : l’UNAPEI.

De l’association Dijonnaise à… L’association Départementale

1960, c’est aussi l’année de l’ouverture d’un petit établissement de rééducation, rue Fournerat à DIJON. Créé à l’initiative d’un groupe de parents, il est dirigé par Mlle AUBERTIN. Il sera le creuset de la future ADAPEI. En effet, autour de cet établissement se tissent des liens entre les parents, et très vite, Maître MAZEN est convaincu de la nécessité de les regrouper au sein d’une association. Il en sera le fondateur et le premier président. En 1962, à l’issue d’une conférence de Maître PERRET GAYET, Président de l’ADAPEI du Rhône, dans le grand amphithéâtre de l’ancienne faculté de lettres rue Chabot Charny, les parents et amis présents remplissent leurs bulletins d’adhésion.

Quelques semaines plus tard, le 21 Mars 1962, se tient à l’hôtel des sociétés l’Assemblée Générale Extraordinaire qui va sceller la naissance de l’A.D.A.P.E.I. (Association Dijonnaise des Amis et Parents d‘Enfants Inadaptés). Quelques mois plus tard, l’association Dijonnaise devient Association Départementale, grâce à la compréhension de Mr Maurice GAUSSET, Président de l’Association des Papillons Blancs créée en 1958. Cette association devient alors une section de l’ADAPEI en conservant son autonomie de gestion des établissements qu’elle a créés. Pour concrétiser cette naissance, un bureau est ouvert au 8, rue du Docteur Chaussier à Dijon. Des permanences sont tenues par Mr et Mme MAZEN pour informer les parents. Mr MAZEN participera à l’élaboration des textes de la loi de 1975 qui vont donner un statut aux personnes handicapées.

Devenir ce que l’on est

L’ADAPEI va dès lors se développer, elle va compter jusqu’à 850 familles adhérentes. Ce développement s’appuie sur des réunions familiales dans les quartiers. Ces réunions conviviales servent à informer les personnes concernées par le handicap mental qui souvent à l’issue de ces réunions viennent grossir les rangs de l‘association. Des actions sont mises en place pour réunir les familles tels l’arbre de Noël ou la sortie annuelle. Pour communiquer et améliorer l’image du handicap mental, des opérations de vente de brioches sont menées chaque année; des dizaines de bénévoles font du porte à porte pour contribuer au succès de ces opérations. Plus tard, la campagne cartes de vœux est lancée, elle implique de nombreux bénévoles pour remplir une mission de sensibilisation du public qui en accomplissant un geste de solidarité prenait connaissance des difficultés rencontrées par les personnes handicapées mentales.

Pour pallier les carences de l’époque et répondre à la demande des parents, un certain nombre de projets seront mis en place, un atelier de travail est ouvert rue du Petit Potet avant même que le concept de Centre d’Aide par le Travail ne soit initié par la loi de 1975. Il permettait aux adultes handicapés de toucher un pécule, l’importance pour ces jeunes de toucher un salaire et le bonheur que cela leur apportait est évidente. Le travail c‘est une reconnaissance, un pas vers la dignité et l‘autonomie. Il y eu aussi un centre de loisirs à l’école du boulevard de l’Ouest, le ramassage des enfants était assuré, participation des familles cinq francs. Un centre aéré au château de Treville à DOMOIS avec l’association syndicale des familles, le transport était assuré et une participation de six francs demandée aux parents. Des foyers d’hébergement s’ouvrent à la Fontaine d’Ouche, Cet hébergement encadré par des maîtresses de maisons et auto financé par les résidents permettra à de nombreux travailleurs handicapés d’intégrer un CAT.

La loi d’orientation de 1975 introduit la notion de solidarité nationale. Ses objectifs consacrent les droits de la personne handicapée, son éducation, ses loisirs… La création de la CDES, de la COTOREP, des CCPE… Elle consacre surtout l’accueil en établissement comme seule réponse à la prise en charge du handicap. L’ADAPEI va participer à toutes ces commissions pour faire entendre la voix des personnes handicapées dans les prises de décisions qui les concernent.

Au début des années 80, l’ADAPEI installe son siège rue Joliet. Une permanence est assurée tous les matins pour renseigner les familles sur un placement, une aide pécuniaire, un conseil, une assistance aux démarches administratives…

1994, l’ADAPEI qui jusqu’à cette date n’a jamais souhaité créer et gérer des établissements prend en Assemblée Générale Extraordinaire, la décision de créer et de gérer. Elle ouvre un Foyer à Double Tarification à AUXONNE : «Le Foyer de Vie et de Progrès Odette VERSEY» accueille 40 adultes autistes ou psychotiques. Son extension de 10 places est à ce jour financée pour accompagner 10 adultes autistes.

D’autres projets sont en cours. En 1999, l’A.D.A.P.E.I. a ouvert un centre de loisirs pour accueillir des enfants polyhandicapés. Il fonctionnait le Samedi après- midi a l’école Greuze de Dijon. Il permettait aux parents d’avoir un temps de répit. Il a été financé par le Lions Club du Val de Saône. Durant une année, il a proposé aux enfants des activités et des sorties. Depuis 2003, à la demande de la municipalité de Quétigny, l’A.D.A.P.E.I. anime le Point Accueil Handicap au guichet unique.

Même si certains de ces services ont disparu ou vont disparaître, rendus caduques par la législation ou la réponse apportée, l’ADAPEI reste soucieuse de maintenir des liens entre ses adhérents (kermesse, bal, vide grenier, loto…) et d’offrir à leurs enfants des services notamment en matière de loisirs et de vacances, mais aussi dans leur accompagnement quotidien. Elle a de nombreux projets qui vont dans ce sens.

Depuis 2002, l’ADAPEI est installée 6 Rue de la Résistance à DIJON, dans des locaux plus spacieux, plus lumineux, mais aussi plus accessibles aux personnes handicapées.

Enrayer le déclin

L’ADAPEI a aujourd’hui plus de 40 ans, elle est devenue une association incontournable par les pouvoirs publics, les tutelles ou autres collectivités locales pour ce qui concerne les décisions prises pour améliorer la vie quotidienne des personnes handicapées. La désaffection des familles pour les associations généralistes comme l’ADAPEI, la multiplication des associations répondant à une pathologie spécifique font que l’on entrevoit, au décompte des adhérents un certain déclin.

Pour faire face à ce déclin, propre à toutes les grandes associations, l’ADAPEI a adopté une réponse. Toutes les pathologies liées au handicap mental sont représentées au travers de commissions spécialisées et actives (Commission des parents d’enfant polyhandicapés, Commission des parents d’enfants autistes) pour répondre aux questions qui se posent aux nouveaux parents en matière de droits et d’accompagnement. L’ADAPEI développe également la communication de son image, par sa présence dans les lieux de rencontre (Foire de DIJON, grand DEJ, inauguration, conférences…) par sa présence dans les instances représentatives des personnes handicapées, mais aussi par son ouverture sur le monde avec la création de son site Internet.

Faut-il rappeler, comme le montre l’histoire du handicap mental jusqu ‘en 1945, qu ‘aucune action éducative ne peut subsister sans le soutien du secteur associatif qui en a assuré les bases et le développement. Le secteur associatif gère aujourd’hui une multitude d’établissements et de services, il est nécessaire que les personnes qui bénéficient de ces services adhérent à l’association, autant par solidarité avec les personnes en attente de solution que pour préserver l’éthique qui a présidée à la conception des établissements qui les accueillent.

Dans la représentation des personnes handicapées, plus qu‘ailleurs, les valeurs portées hier par nos prédécesseurs ne doivent pas disparaître. C’est à l’association de s’adapter toujours et encore à l’évolution de l’environnement législatif et aux aspirations des personnes handicapées et de leurs parents.

Edition d’un LIEN exeptionnel à l’occasion des 50 ANS de l’Adapei21 :
Le réclamer au secrétariat de l’Adapei21 au 03.80.65.37.54