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Revue de Presse

Par Christophe Belhomme Publié le 27 Nov 20 à 19:13  mis à jour le 27 Nov 20 à 19:28 – La Voix du Jura –

Ferme du Sillon : le gestionnaire contesté est remplacé

Après l’inspection de l’ARS en 2019 qui avait souligné de nombreux dysfonctionnements, un nouveau gestionnaire va remplacer la Fondation OVE qui assurait la gestion depuis 2018.

Le foyer d’accueil médicalisé pour autistes va être confié à l’Ages-Adapei. (©DR)

Le transfert sera officialisé le 6 décembre prochain et c’est une nouvelle page de l’histoire mouvementée de la Ferme du Sillon qui va être tournée. Ce foyer d’accueil pour autistes a connu une histoire douloureuse avec 10 directeurs en 10 ans, des soupçons de maltraitance, une gouvernance contestée et la fatigue chronique des personnels parfois démissionnaires avec un impressionnant turn-over à la clé.

Une gestion contestée

En 2018 la fondation lyonnaise OVE en avait repris la gestion, une gestion pour le moins contestée puisqu’en août 2019 l‘Agence régionale de santé (ARS) de Bourgogne Franche-Comté alertée par un médecin avait déclenché une inspection qui avait révélé des dysfonctionnements majeurs au sein de l’établissement de Chaux-des-Crotenay. Dans la foulée, un administrateur provisoire, Denis Noally, avait été nommé.

Sa mission qui devait au départ durer 6 mois s’est prolongée avec la crise de la covid. Elle va s’achever par une transition, l’établissement s’apprêtant à changer de gestionnaire. Denis Noally se dit confiant pour la suite, et plutôt satisfait de son bilan car de gros progrès dit-il ont été enregistrés au sein de la structure. Il va mettre en place le transfert de gestion.

L’ARS souligne qu’un arrêté portant cessation d’activité de l’établissement d’accueil, géré par la Fondation OVE a été signé le 2 novembre par le directeur général de l’ARS Bourgogne Franche-Comté et le président du conseil départemental du Jura,  Clément Pernot.

« Une désorganisation générale de nature à compromettre la santé »

On peut y lire que l’administrateur général a été le témoin de nombreuses défaillances lors de son arrivée dans l’établissement : « désorganisation générale de nature à compromettre la santé, la sécurité et la qualité de la prise en charge des résidents, une méconnaissance des spécificités et des particularités de l’établissement et du public accueilli, un désintérêt de la Fondation OVE ».

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La sécurité des résidents étant remise en cause, l’autorisation de gestion est transférée à l’Ages-Adapei, une association basée en Côte-d’Or déjà très engagée dans l’accompagnement des autistes. Une rencontre entre les salariés et les nouveaux gestionnaires était prévue cette semaine à Chaux-des-Crotenay.

OVE va attaquer la décision devant le tribunal administratif

« C’est une procédure illégale », s’insurge de son côté la Fondation OVE qui observe que l’administrateur provisoire avait été nommé par l’ARS pour répondre à trois injonctions. « L’ARS ne nous a pas donné la possibilité de répondre. L’administrateur provisoire s’est comporté comme le gestionnaire de fait alors que ce n’était pas sa mission initiale. Il a coupé toute relation avec nous et avec notre siège en demandant à la directrice en place de ne plus communiquer avec nous. A la fin de sa mission, au lieu de recevoir un rapport, on nous a demandé de transmettre en moins de quinze jours un plan d’action général pour reprendre les rênes de l’établissement. Ce qui a été fait en octobre. Le plan a été jugé insuffisant mais aucun fait précis n’est souligné. De fait, nous n’avons assuré la gestion que durant un an alors que cet établissement était en pleine déshérence depuis de nombreuses années. Nous n’avons pas eu le temps de faire nos preuves ».
La Fondation OVE juge donc la décision de l’ARS « injuste, inappropriée et discriminatoire ».
« On nous accuse de ne pas être des spécialistes de l’autisme alors que nous gérons une quinzaine d’établissements spécialisés avec une référente autisme attitrée et des spécialistes, des médecins, au sein de la Fondation ».
Pour OVE qui gère plus de cent établissements en France, cette décision résulterait d’une instruction à charge. Pour la première fois en 75 ans d’existence, une autorité sanitaire va retirer à cette fondation la gestion d’un établissement.
« En pleine crise sanitaire et dans des délais aussi courts changer d’employeur est très compliqué », observe la Fondation OVE. Un recours va être porté auprès du tribunal administratif pour obtenir l’annulation de cet arrêté.

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hebdo 39 Par Stéphane Hovaere – Article du 7 décembre 2020

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